Ces 10 dernières années, un nouveau tourisme, plus durable, s’est installé et développé dans le bassin méditerranéen : l’agrotourisme (dit également agritourisme). Dans cette expérience touristique, la ruralité n’est pas seulement une localisation, mais la source même de l’intérêt. Habitants, terroir, savoirs-faire agricole, paysages, pratiques sociales, spécialités culinaires et bien plus encore sont au tourisme rural ce que les monuments historiques sont au tourisme de masse.
Les décennies passant, le tourisme a explosé, devenant un secteur économique riche et moteur pour le bassin méditerranéen. Pour autant, la massification du tourisme est devenu la cible de plus en plus de critiques : pollution, villes invivables pour les locaux, déplacements forcés des habitants de leurs quartiers ou encore menaces des sites historiques et naturels. Plus globalement, c’est la folklorisation des cultures qui est condamné ; soit la mise en scène des traditions pour la satisfaction de la curiosité des touristes, un divertissement caricaturé en dépit d’un échange culturel et humain authentique.
L’agrotourisme apparaît alors comme un tourisme plus sensé, plus durable, plus humain, dans lequel les rencontres et le patrimoine culturel et naturel est central. La région méditerranéenne, forte d’une culture riche et agriculture bien spécifique, se prête à merveille à cette nouvelle approche. On y vient pour ses oliveraies, symbole de la région, pour gouter ses huiles et ses plats mijotés, pour échanger avec des locaux à la culture et philosophie propre à ceux qui vivent au bord de la Mare Nostrum.
En zone rurale, l’agriculture est le secteur principal en termes d’emploi et il est celui qui rythme la vie économique, sociale et environnementale de la communauté. Il est aussi un secteur difficile, qui offre peu de rémunérations et un rythme de vie soutenu. Combiné au secteur touristique, il trouve un second souffle et crée un cercle de développement vertueux dans le village : celles et ceux qui viennent visiter la ferme vont venir découvrir d’autres entreprises locales à proximité, chercher à se loger ou à se restaurer...
Nombre de femmes décident alors de mettre en place ce type d’initiatives, que ce soit dans la ferme ou via une coopérative. Elles actionnent ainsi, non seulement, un cercle vertueux, mais deviennent également actrices de l’égalité femmes - hommes, en devenant plus indépendantes économiquement et en intégrant de nouveaux cercles sociaux. Enfin, bien souvent en charge du foyer, elles sont également les premières à réinjecter leur argent dans l’éducation et la santé.
Lorsqu'une femme se lance dans l’agrotourisme, c’est une multitude d’Objectifs de Développement Durable qui trouvent réponse.
Avec Héméra Initiatives, c’est ce que nous souhaitons présenter : mettre la lumière sur ces femmes qui partagent leur Patrimoine Culturel et Immatériel rural via des structures agrotouristiques. Nous voulons porter jusqu’aux institutions la contribution de ces femmes aux Objectifs de Développement Durable, car nous sommes persuadé.es qu’elles sont des actrices majeures dans la résolution de ceux-ci.
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- Où vont les subventions ? A qui ?
- Comment ça aide l'agriculture ?
- Comment c'est distribué ? Et est-ce que ça va vraiment au bon endroit ?"
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