Recettes de grand-mère, astuces de grand-mère, contes de grand-mère, confections de grand-mère, autant d’expressions françaises, utilisées au quotidien et qui évoquent, sans le savoir, la participation des femmes dans la préservation du patrimoine. Leur point commun est leur vecteur : les grands-mères. Fréquemment utilisées, ces expressions portent en elles une vérité beaucoup plus profonde et essentielle : les femmes sont au cœur de la création, la transmission et la préservation du patrimoine immatériel.

À l’origine, le mot patrimoine vient du latin patrimonium, qui signifie littéralement « l'héritage du père ». Il désigne alors l'héritage que l'on tient de son père et que l'on transmet à ses enfants. Le patrimoine n’est cependant pas qu’un héritage matériel. Il existe également le Patrimoine Culturel Immatériel (PCI) qui englobe des pratiques et savoirs dont chacun.e hérite en commun, et qu'il ou elle s'efforce collectivement de faire vivre, recréer et transmettre. Plus précisément et selon l’UNESCO le patrimoine culturel immatériel comprend « les traditions ou les expressions vivantes héritées de nos ancêtres et transmises à nos descendants, comme les traditions orales, les arts du spectacle, les pratiques sociales, rituels et événements festifs, les connaissances et pratiques concernant la nature et l’univers ou les connaissances et le savoir-faire nécessaires à l’artisanat traditionnel ». On le sait, nombre de savoirs et pratiques artisanales s’apprennent de manière informelle, par des contes, par un apprentissage du regard jusqu’aux mains.

Au sein d’une famille, les femmes ont aujourd’hui, dans la majorité de nos sociétés, un rôle social rattaché à la gestion du foyer et de l’éducation. C’est de cela que découlent ces expressions du quotidien. De nos grands-mères, mères et sœurs, nous détenons une histoire commune, des traditions ancestrales. Que ce soit via des contes, des berceuses, des recettes, des pratiques artisanales du quotidien (notamment des confections utiles à la vie du foyer ou artistiques). Leur rôle est donc central (si ce n’est majoritaire) dans la préservation et la transmission du PCI.

Par ailleurs, l’importance de ce patrimoine trouve sa source dans la notion même de transmission, car sa valeur dépend essentiellement du fait qu’il perdure et qu’il soit constructeur d’identité et d’histoire. Il ne peut être pris en compte sans les êtres humains, leur rôle et leurs relations qui la composent. Il est donc bien plus soumis que le patrimoine matériel, aux rapports de pouvoir de la société puisqu’il évolue au gré des changements sociaux. Il reflète ainsi parfaitement les évolutions sociétales et particulièrement l’évolution du rôle de celles et ceux qui le transmettent et le sauvegarde. Étudier ces rôles ouvrent donc le regard sur les mécanismes et enjeux sociaux actuels.

Lorsqu’un Patrimoine Culturel Immatériel est reconnu ou défendu par des politiques, c’est toute la construction nationale, la mémoire collective, l’Histoire qui est débattue. Valoriser et reconnaître les gardiennes de celui-ci, c’est replacer au centre même de la construction nationale, de la mémoire collective et de l’Histoire les femmes aujourd’hui invisibilisées de celles-ci.

Avec Héméra Initiatives, c’est ce que nous souhaitons réaliser : mettre la lumière sur ces femmes et plus globalement sur la ruralité, riche de ce type de patrimoine. Nous voulons porter jusqu’aux institutions la contribution de ces femmes à l’Histoire via le Patrimoine Culturel Immatériel, car nous sommes persuadé.es qu’il est un terrain fertile aux progrès sociaux. 

 

À connaître :

  • L'association De l’Or dans les Mains qui replace l’importance de l’intellect des mains et des pratiques artisanales, spécifiquement en milieu scolaire.
  • Le Mouvement HFqui a créé La Journée du Matrimoine pour faire connaître et rendre visibles les femmes artistes et créatrices du passé, que l’Histoire a effacées.

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